Hyènes
- Réalisateur :
- Djibril Diop Mambéty
- Durée :
- 1h 50min
- Année de sortie :
- 1992
- Synopsis :
- Colobane, une petite cité endormie dans la chaleur poussiéreuse du Sahel, fantôme d’une ville au charme foudroyé par la misère. On annonce le retour, après trente années d’absence, de Linguère Ramatou, devenue multi-millionnaire, « plus riche que la Banque mondiale ». Linguère arrive en train, majestueuse, vêtue de noir et or. La foule se précipite avec au premier rang Draman, qui fut jadis son amant. Linguère confirme qu’elle va faire pleuvoir ses largesses sur la ville et lui redonner vie à une seule condition : que Draman soit condamné à mort, car il l’a autrefois trahie…
Fable incandescente et désillusionnée sur le pouvoir de l’argent, Hyènes permet à Djibril Diop Mambéty d’explorer un territoire à la fois allégorique et historique, qui mêle poésie et portrait d’un pays en difficulté.
Bien qu’il n’ait réalisé que deux longs métrages, Touki Bouki et Hyènes, à dix-neuf ans d’intervalle, Djibril Diop Mambéty fut l’un des rares cinéastes africains du XXe siècle à connaître une notoriété internationale. Hyènes s’affirme comme un film ample, qui allie une forme baroque et éclatante à un ancrage plus naturaliste dans les paysages et la culture sénégalaise, un drame caustique sur la corruption et l’état des lieux d’un pays récemment libéré du giron colonial français. Pour cristalliser cette ambition, Diop Mambéty adapte une pièce de Friedrich Dürrenmatt, La Visite de la vieille dame (1955) : à Colobane, petite ville rongée par la pauvreté, le retour de Linguère Ramatou (Ami Diakhate), une locale ayant fait fortune à l’étranger, évoque un signe de la providence. Mais Linguère s’avère pleine de rancœur, et Hyènes bifurque vers un film de vengeance au féminin. Flouée par l’épicier Draman Drameh (Mansour Diouf), qui, avec la complicité des habitants, l’a jadis excommuniée alors qu’elle était enceinte, Linguère entend obtenir réparation, faisant miroiter ses richesses pour plier le village à ses volontés. Si le film utilise certains codes du western (il débute dans une épicerie aux airs de saloon étouffant), Hyènes dresse, contrairement aux classiques du genre, le portrait d’une communauté déchirée, qui renonce à sa boussole morale pour se réfugier derrière une figure messianique. Quand Linguère exige la mort de Draman, tout Colobane se retourne contre celui qui allait pourtant devenir son maire. L’enjeu social se double rapidement d’une portée fantasmatique, qui voit l’avidité se répandre dans la population comme un maléfice, au point que tous les habitants, envoûtés, arborent bientôt les tenues ou la coiffure de Linguère. Les animaux croisés dans le film jouent évidemment un rôle symbolique : les singes endormis laissent rapidement place aux hyènes affamées. Cela dit, Diop Mambéty nuance son jugement, notamment dans une scène où Draman voit, à la télévision, les images d’un Sénégal appauvri – si les habitants se transforment en hyènes, c’est aussi par détresse et nécessité [...suite].
Ressources pédagogiques
Dossier enseignant, proposé par le CNC, pour le film Hyènes
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Fiche pédagogique à destination des élèves, proposée par le CNC, pour le film Hyènes
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Vidéos et extraits - Transmettre le cinéma - Hyènes
Hyènes – Bande Annonce VOST
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